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Petit Soldat

Petit Soldat

Ce blog est l'histoire d'un petit Soldat Parti bien trop tôt rejoindre les étoiles...

Pour ne rien oublier #2 ...

Publié par Anouchka sur 14 Septembre 2016, 05:00am

Pour ne rien oublier #2 ...

Parce que suis toujours terrorisée à l'idée de perdre le peu de souvenir que j'ai de lui, il était impératif pour moi, pour nous, que j'écrive la suite... La suite de son histoire que j'ai écrite dans cette lettre il y a 3ans 1/2, cette suite qui m'a été demandée par mon grand père à la naissance de notre Petite Fleur... Pour mes enfants...

De temps à autres depuis près de 3ans, j'ai écrit des moments qui m'ont semblé importants, pour moi, pour mes enfants, j'ai écrit ce que j'ai ressenti, ce récit est très précieux à mes yeux et pour ma famille. Je m'excuse par avance de la longueur de ce texte...

 
"La première année sans lui...
En hiver les papillons hibernent... Du moins c'est ce que nous pensions jusqu'au jour où nous en avons trouvé un magnifique dans notre sous sol, en plein hiver, puis un autre tout jaune, si mignon, alors qu'il neigeait dehors ! Un jour caroline la maman d Antonin est venue et nous a conseillé de ne pas le toucher car nous pouvions lui coller les ailes, et les enfants ont essayé de le faire sortir dans le jardin en faisant très attention pour qu'il s envole mais ce petit papillon en avait décidé autrement... Nous l'avons retrouvé sur le rebord de la fenêtre comme s'il souhaitait rentrer... Nous l'avons donc laisser rentrer au chaud. Il est resté parmi nous 3 semaines. Les enfants l'avaient bien entendu associé à roman... 
C'était drôle, on ne le voyait pas la journée mais dès que Liam et Vadim rentraient de l'ecole, il sortait de sa cachette et se mettait à voler autour de la table de la salle à manger comme pour jouer avec eux... C'est ce qu'ils faisaient d'ailleurs, ils lui courraient après en s'amusant... Un jour papy Alain nous a rendu une petite visite et alors que le petit papillon voletait sur le sol, papy ne l'avait pas vu et a faillit l'écrasé. Les enfants qui étaient très attentifs au papillon ont tout de suite crié à papy de faire attention à Roman ! 
En voyant ce papillon j'ai cette phrase que mon amie jenifer m'a écrite pour l'enterrement de Roman qui résonne : "les âmes renaissent toujours ailleurs..."
 
Les 3 mois qui ont suivi le décès de roman, j'etais dans l'obligation de soigner mon corps et mon esprit pour aller mieux, je voulais faire vite. J'ai pris des rdv médicaux pour soigner mon corps, je suis retournée voir le médecin qui avait mon dossier d'accouchement, j'avais besoin d'avoir des réponses sur ce qui a provoqué mon accouchement prématuré. 
"Ce qui vous est arrivé est exceptionnellement exceptionnel" voilà la réponse que j'ai eu... En sortant du cabinet je n'arrivais pas à trouver le moyen de me rassurer et me suis dis que tant que je ne serai pas certaine à 100% que ca ne pourra pas recommencer je ne concevrai pas d'autre bébé.
 
Janvier 2013, nous sortons au théâtre avec charlotte, Thibaut et Justine. Nous allons voir une pièce de théâtre dont nous ne connaissions pas le résumé, seulement le titre... La pièce raconte 3 copains de lycée qui se réunissent un soir et ont invité la plus belle fille du lycée de l'époque, ils se demandent comment elle sera aujourd'hui. La fille arrive dans un fauteuil roulant... Nous pensons bien entendu à juju qui a été paralysé suite à un syndrome quelques mois auparavant, nous sommes mal à l'aise, Je sens Justine bouleversée juste à côté de moi, puis la fille dans le fauteuil raconte qu'elle est paraplégique, et ce mot sonne à nos oreilles comme tétraplégique, le handicap que roman aurait eu s'il était resté en vie... A notre sortie, nous étions tous chamboulés, mais heureux d'avoir passer ce moment ensemble pour affronter ca... Mes amis si chers...
 
Je décide de me faire tatouer le poignet pour avoir roman gravé sur moi comme mes  2 autres enfants sur l'autre poignet. Une étoile avec une "r" dedans, Liam et Vadim sont tellement heureux lorsqu'ils le découvre, c'est aussi une façon pour eux de voir qu'il est mon 3ème enfant au même titre qu'eux.
 
Mars 2013 Vacances à Genève, quelques jours au ski, nous avons même fait de la luge, l'ambiance était légère... Cela nous a fait un bien fou de partir quelques jours pour nous ressourcer... Comme avant chaque départ je vais le voir au cimetière histoire de m'assurer que tout va bien...
 
Souvent lorsque je suis seule en voiture, une douleur m'envahie des pieds à la tête, comme ci l'on m'arrachait les trippes, c'est incontrôlable et sans que je ne puisse faire quoi que ce soit je me retrouve en larmes... A chaque fois que cela m'arrive j'ai l'impression de communiquer avec Roman... 
 
Les enfants me demandent très souvent si Roman est quelque part avec nous, si son âme est dans quelqu'un d'autre ou bien dans un animal. Je leur explique que Roman est près de nous dans notre cœur, il est là où vous avez envie de croire... Alors un jour que nous étions tous les 3 en voitures, vous me posez de nouveau cette question pour savoir si Roman est dans un papillon, ou bien s'il est là avec nous et que l'on peut le sentir. Machinalement avant de démarrer, je pose mon sac sur le siège passager et Vadim me dis : "fais attention maman ! Si jamais y'a Roman sur le siège tu vas l'ecraser !" J'ai trouvé cela tellement attendrissant... Cela n'avait rien de morbide, c'etait juste farfelu comme toi mon coco !
 
Nous sommes à la mi mars et je reprends le travail. J'en ai besoin. Je refais des projets professionnels, cela me fait du bien.
Je suis invitée aux 30 ans d'Arlene, je décide d y aller avec Valli, nous prenons le train pour le we. Tout est organisé pour faire une surprise à Arlene qui n'est pas au courant de notre venue.
Dans le train nous parlons Bcp avec Valli. Nous parlons Bcp, de Roman. Elle me demande comment les enfants ont réagit. Elle me prend le bras et m'annonce qu'elle aussi a été à leur place lorsqu'elle avait 6 ans... Elle m'apprend qu'avant d'avoir son petit frère elle en a eu un autre. Ce dernier est décédé dans un accident de voiture alors qu'il etait sur les genoux de sa maman... Valli pense que sa maman aurait dû mourir ce jour là mais que ce n'est pas arrivé car c est son petit frère qui est décédé. Il a sauvé la vie de sa maman. Il a également sauvé la vie de son papa, grâce à lui Valli ne s est pas retrouvée orpheline, son papa n'aurait pas supporté le décès de sa femme...
Nous arrivons à Nice, nous avons quelques heures devant nous pour nous préparer. Arrivées devant le lieu de la soirée, nous entrons dans le restaurant ou Arlene ne sait pas du tout que nous allons arriver. Une grande émotion submerge la salle... 
Arlene est la première personne à embrasser mon tatouage...
Je lui montre l'album que j'ai confectionné pour Roman.
 
Avril 2013, nous n'aurions pas pu le faire expret... Le 30 avril 2013, Roman aurait eu 6 mois et c'est précisément le jour où mon Amoureux a été cherché la stèle que nous lui avons fait faire pour mettre sur sa tombe au cimetière. J'ai bien entendu eu les larmes qui ont coulé lorsque je l'ai vu, elle était si belle, si pure...
La psychologue de l'hopital qui avait pris l'habitude de me téléphoner pour prendre de nos nouvelles a justement pris contact avec moi lorsque nous avons installé la stèle au cimetière, j'avais à cœur de lui expliquer que depuis la fenêtre de ma salle à manger, je le voyais... Je voyais la stèle sur la tombe de mon bébé... Les premières semaines après son enterrement, je regardais très souvent dans sa direction, presque tous les jours...
 
Souvent à table avec moi, Les enfants me posent des questions sur roman, mais cette fois ci Vadim a été très pertinent et sa question m'a chamboulé au plus haut point...
Liam entame la conversation en me parlant de cette fameuse nuit blanche comme ils l'appellent. Il me demande si le bébé savait comment on fait pour mourir... Puis vient le moment où ils entrent dans les détails, chose qu'ils n'avaient jamais fait auparavant... Vadim me demande l'heure du décès de Roman mais aussi pourquoi les médecins n'ont pas essayé de sauver Roman en soignant sa maladie parce que les médecins ça sert à soigner et à sauver les gens... J'arrive à peine à vous répondre je fonds en larmes... Je vous dis que ma réaction est normale qu'il ne faut pas vous inquiétez que je vais bien... Lorsque papa rentre a la maison, vous vous empressez de lui dire que maman a pleuré...
 
Je me rends compte petit à petit que je ne regarde plus les dates, je vis au jour le jour... Je m efforcé de ne plus y faire attention mais dès que j'y prête attention cela tombe à chaque fois sur le 30 du mois, date de ta naissance... Le temps s'est arrêté depuis le 20 décembre 2012 pour moi je ne porte plus de montre et m'efforce de ne plus regarder les dates dans le calendrier simplement les jours...
 
Le mois de juin... Si difficile pour moi en tant que maman... Alors que je pensais aller mieux moralement, j'ai dégringolé littéralement... Et c'est cet après-midi de juin alors que mon amie Eloise est venue me rendre une petite visite que j'ai compris pourquoi le mois de juin avait été si compliqué pour moi... La fête des mères et mon anniversaire sans mon plus beau cadeau de maman, mes 3 enfants réunis...
 
Fin juillet 2013 nous partons en vacances à royan tous les 4, sur la plage des enfants jouent près de nous et liam s'étonne que l'un d'eux soit noir alors que ses parents sont blancs. Je lui explique que cet enfant a dû être adopter, peut être que ses parents n'arrivaient pas à avoir d'enfant. Il me demande si l'on peut adopter un bébé nous aussi, car il pense que je n'arrive plus a avoir de bébé, car ceux que je fais meurent.... C'est complètement fou, alors que je ne pensais pas du tout à avoir de nouveau un bébé de peur qu'il se passe la même chose qu'avec roman, c est toi qui me soumet cette envie... Tu étais prêts bien avant moi... Je lui explique que ce q'il  s'est passé avec roman ne se passera plus et que si je ne tombe pas enceinte c est parce que je prends la pilule. Et lorsque je lui demande s'il a peur à l idée que je sois enceinte de nouveau il me répond que non bien au contraire il serait enchanté.
 
Je me souviendrais souvent de cette soirée à la fin des vacances d'été j2013 uste avant la rentrée scolaire avec émilie et Galou où j ai passé une bonne partie de la soirée à pleurer et elles a me consoler... Tout simplement parce que je leur apprenais que je commençais à etre prête pour avoir un autre bébé, mais la culpabilité me rongeait... Avoir l impression de faire un sale coup à Roman, de le trahir... 
 
L'arrivée du mois d octobre 2013 se fait sentir pour moi... Je re commence à faire des crises d angoisse, les larmes me montent très souvent... Liam le ressent puissance 1000 ! C'est sa maîtresse qui me fait ouvrir les yeux sur son état. J'ai été te cherché quelques fois à l'école car il se plaint de maux de ventre, mais dès qu'il arrive à la maison et que je lui demande de se reposer dans sa chambre, il vient et reste avec moi dans mon bureau.
Fin octobre nous sommes partis en Suisse chez marina et Xa. Je ne voulais pas vraiment passer la journée du 30 octobre à la maison... La journee a été si douce, nous étions tous les 3, marina et Xa travaillaient, les cousins étaient à la crèche et papa en rdv. Nous nous sommes baladé dans Genève, avons regardé un dvd, avons préparé la citrouille pour Halloween et nous avons aussi Bcp discuté de Roman... J'ai reçu tellement de messages ce jour là, la famille mais surtout les amis qui pensaient très fort à nous et à lui...
Xa s'était occupe de commander des lanternes que nous voulions lancer le soir du 30 Octobre. C'est ce que nous avons fait tous ensembles, Les enfants avaient bien conscience de ce que nous étions en train de faire, ils étaient très impliqué, nous regardions ensemble les lanternes partir dans le ciel, c'était tellement joli...
 
Apres les vacances Liam recommence à avoir des maux de ventre, la maîtresse me téléphone pour que je vienne le chercher à l'école, mais alors que je vais chercher tes devoirs auprès de la maîtresse, elle me fait comprendre qu'elle ne pense pas que tu aies vraiment mal au ventre mais que tu voulais surtout être auprès de moi...
Je me sens comme une enfant qui n'a rien vu venir... Je ressens une douleur de ne pas avoir compris ni vu que mon enfant n'allait pas bien... 
A la suite de cette conversation comme ses maux de ventre continuaient, elle me conseille de t'emmener voir la psychologue de l'hôpital pour en discuter avec elle. 
C'est donc ce que je te propose alors que tu es tranquillement avec moi dans mon bureau. Tu acceptes tout de suite. Tu ajoutes que tu aimerais bien mourir pour pouvoir voir Roman et être auprès de lui... Mon cœur de maman se fend, le sol défile sous mes pieds j ai l'impression de me noyer... Tu me proposes d'aller au cimetière, c'est à ce moment  précis que la psychologue me rappelle suite à mon message, le rdv est pris. 
En discutant avec elle je me rends compte que tu te fais du mal... La psychologue te demande si tu penses souvent à ton petit frère si ca te fait mal au ventre lorsque tu y penses,  car le jour du rdv tu avais de vives douleurs. Ta réponse a été très explicite et m'a foudroyé en plein cœur... Alors que je te demandais si ça allait comme je voyais que tu étais en train de jouer, tu m'as répondu "je joue mais j'ai mal au ventre", en jouant tu avais tout simplement peur d'oublier ton petit frère et cette douleur que tu te crées te permets de ne pas l'oublier... 
Au cours de ce rdv tu m'as posé des questions que tu ne m'avais jamais posé comme la raison pour laquelle Roman était froid lorsqu'il était dans la chambre mortuaire, ou bien qu'elle était sa maladie exactement. Et ce jour la j'ai sentit que tu avais besoin que je mette un mot sur ton interrogation alors au lieu de te dire ce que nous vous disons à chaque fois que vous nous posez cette question que Roman avait une maladie au niveau du cerveau que l'on ne peut pas guérir, j'ai décidé de te dire qu'il avait une loecomalacie péri ventriculaire... Ce mot barbare m'a été corrigé par la psychologue qui t'a expliqué que Roman avait des lésions au cerveau...
Comme ci loecomalacie péri ventriculaire était plus barbare que rhino pharyngite !!
La psychologue me propose un rdv la semaine qui suit pour discuter avec moi.
 
A l'issue de ton 2ème rdv avec la psychologue, je me rends vraiment compte que si tu ne vas pas bien, c'est parce que je ne vais pas bien. Tu n'as aucun problème avec le décès de Roman, tu es tres triste bien entendu mais tu le gères très bien. Tu es une éponge, mon éponge, tu ressens mes peines, mes angoisses... La date anniversaire de son décès se font ressentir...
 
J'arrive à l'hopital pour rejoindre la psychologue. Je ne le sais pas encore mais ce rdv me bouleversera au plus haut point...
Ce n'est pas moi qui ai parle pdt cet entretien mais la psychologue, pour me dire ce qu'elle ressentait de mon attitude du précédent rdv... Selon elle, roman est Bcp trop présent dans ma vie, toute ma vie tourne autour de lui, je n'ai même pas entamé le processus de deuil d'après ses dires... Elle pense que je dis trop de choses à mes enfants, notamment lorsque liam m'avait demandé le nom de la maladie de roman, elle trouve que c'est un nom tellement barbare qu'il n'était pas bon de le dire à un enfant. Elle a été choqué lorsque je lui ai raconté l'anecdote où Vadim me disait de faire attention à ne pas mettre mon sac sur le siège de la voiture pour ne pas écraser roman, elle a été estomaqué de savoir que je voyais la tombe de roman depuis ma fenêtre et horrifié à l'idée de savoir que je la regarde de temps en temps...
J'imagine que j'ai dû oublié volontairement un tas de choses de ce rdv... Toujours est il que j'en suis ressortie les bras ballants comme une petite fille... Une fois à la maison, je n arrivais à rien... Je me sentais incapable de tout... J'étais au plus bas...
 
Un jour où je n'avais pas le moral, j'envoies un texto à marie en lui expliquant que je n'etais pas très en forme, elle me réponds aussitôt qu'elle est contente que je lui envoies ce message à ce moment précis, car de là où elle se trouve elle voit ma maison... Elle était bien entendu sur la tombe de mon Petit Soldat...
 
Dans la nuit du 19 au 20 décembre 2013, j'ai eu l'impression de re vivre cette nuit blanche...
J'ai Bcp pleuré, mon Amoureux m'a pris dans ses bras, j'ai regardé l'heure une seule fois dans la nuit, il etait 2h10, l'heure à laquelle son cœur s'est arrêté de battre un an plus tôt...
Au matin du 20 décembre, j'avais une sensation étrange... J'etais exténuée de cette difficile nuit, j'etais triste mais en même temps je savais que cette journée allait me rendre plus forte, encore plus... J'ai entamé la distribution de mes petits livrets... 
Au fur et à mesure de la journee, j ai recu des messages d'amour si purs.... Pas mal de nos amis sont allés le voir au cimetière et y ont déposé une fleur, un cadeau et meme des décorations et guirlandes d'étoiles... Je n'ai vu cela que le lendemain, j'ai été si touchée de voir que Roman était important pour tous...
A l'école lorsque je suis venue chercher les enfants le soir, mes amies étaient là et m'ont pris dans leur bras sans en dire davantage... 
Caroline et Emilie sont venues nous faire un petit coucou ce soir là, je me sentais apaisée...
 
Nous passons Noël en famille en Bretagne, nous rejoignons marina, Xavier et les enfants chez Dan et Christian. Tout se passe dans la joie et la bonne humeur, nous nous sentons tellement bien. Il était nécessaire pour nous de passer Noël loin de la maison et d'être entouré.
De retour à la maison je me sens légère, comme libérée d'un poids... Le fait de dévoiler le livret que j'ai écrit pour vous et donné à nos proches me rend plus forte, je le sens vraiment... Je décide de ne pas aller au Rdv avec la psychologue, je préfère lui téléphoner et lui donner les raisons pour lesquelles je ne viendrai pas. Elle s'excuse elle ne pensait pas que ses propos me bouleverseraient à ce point.... La chose que je retiendrais de cet entretien c'est lorsqu'elle m'a dit qu'elle avait peur que je ne laisse pas sa place à un éventuel autre bébé... Je me rends compte qu'elle avait raison sur ce point précis, je n'étais pas prête avant d'avoir franchi ce cap de la première année sans lui...
Notre entretien a lieu dans la semaine du 8 janvier 2014, je tombe enceinte le 11 janvier...
J'apprends que je suis enceinte le 02 février qui était la date du terme de ma grossesse pour Roman. Je ne réalise pas, je me sens bizarre, j'ai peur et je suis excitée à la fois...
Mon Amoureux est heureux il me serre fort dans ses bras. Nous décidons d'attendre avant de le dire aux enfants, juste pour être certain que tout va bien et pour ne pas les inquiéter. Mais nous n'avons pas l'habitude de leur cacher des choses et à 2 mois de grossesse nous craquons et leur apprenons... Je me souviendrais de ce moment très longtemps... Nous avons profité d'un moment du we ou nous étions tous les 4 dans le salon au coin du feu pour vous dire que nous avions quelque chose de très important concernant notre famille à vous annoncer. On vous a laissé essayé de deviner. Vadim tu nous as dit que c'était à propos de marina, et Liam c'est comme ci tu savais... Tu as eu des étoiles dans les yeux et tu as articulé : un bébé ?!?
Vous étiez fous de joie ! 
Des le lendemain matin Vadim tu t es empressé de nous dire :
"maman j'ai rêvé que roman il faisait des câlins à l'autre bébé
J'espère qu'il va pas mourir comme roman le bébé"
Je n'ai pas été terrifié par tes propos bien au contraire, j'ai trouvé cela très sain que tu nous dises tes craintes.
 
Je suis exténuée... J'ai des nausées mais surtout je suis éreintée... Aux vacances scolaires de mars nous partons en Suisse chez marina et Xa, vous étiez sur excité à l'idée d'appendre la nouvelle à vos cousins ! C'était drôle nous avons décidé que ce serait Liam qui l'apprendrait à tout le monde ce soir là à notre arrivée... Quelques minutes après être arrivé une fois les embrassades faites, Liam tu fais une blague et demandes à marina : tu ne trouves pas que maman a grossit un peu ?
Tu étais tellement fier ! L'émotion était à son comble...
 
Les 3 premiers mois de grossesse approchent, nous commençons à faire l'annonce auprès de nos amis, de la famille, mais à chaque fois c'est un peu compliqué pour moi... Je suis très émue et en même temps j'ai du mal à le dire... J'ai comme un bloquage... Cette grossesse n'est pas très évidente pour moi encore... Je me souviens que beaucoup de nos proches ont été très émus et très heureux pour nous... D'autres, très rares, mal intentionnés ont jugé la facon dont l'annonce de cette grossesse a été faite... Comme ci la perte d'un enfant et la douleur qui y est associée n'était pas suffisante...
 
J'ai consulté très rapidement un acupuncteur pour soigner mes maux de grossesse, les premières contractions, le poids du bébé, mais aussi pour le soigner moralement.
J'ai eu des échographies tous les 15 jours ainsi que des piqures de progestérone toutes les semaines pour mettre toutes les chances de mon côté dans le but d 'aller le plus possible jusqu'au terme de la grossesse.
 
Début mai 2014, nous partons en we à Lille avec marina et Clem, we tres agréable. Nous avons Bcp marché du coup en rentrant, j'ai Bcp de contractions... Cela me fait très peur. A l'école les mamans me proposent leur aide voyant ma petite mine pour garder Liam et Vadim le temps que je me repose. Je me rend à l évidence, nous sommes à quelques semaines du terme ou j'ai accouché pour roman... Je commence à angoisser. 
 
Le 26 juin, jour de mon anniversaire Caro mon amie me fait remarquer que je suis exactement au même terme de ma grossesse que le jour oú j'ai rompu la poches des eaux pour Roman...  J'ai trouvé cette coïencidence jolie...
 
1er Juillet, Suspicion de phlébite, je suis hospitalisée d'urgence, on apprendra un peu plus tard dans la nuit que je n'ai absolument rien... Mon bébé qui habituellement ne bouge pas la nuit, m'a fait une java de folie ! Sans doute pour me dire que tout va bien pour lui j'imagine... Je rentre chez moi au petit matin, jette un oeil sur le calendrier... Nous sommes au terme exact de la naissance prématurée de Roman...
 
A partir de la mi Juillet les choses commencent à s'accélérer... Mon col se modifie, je suis hospitalisée quelques heures puis renvoyée chez moi et alitée pour 15 jours. Je suis épuisée, je n'ai pas le moral, je ne parle toujours pas à mon bébé, non pas que je ne veux pas, juste que je n'y arrive pas, je ne me projette toujours pas... J'ai même du mal à accepter les jouets que ma grande soeur m'apporte... C'est mon Amoureux qui a dû me rappeller à l'ordre en me disant que nous allions avoir un bébé...
 
Visite de contrôle fin Juillet, tout est rentré dans l'ordre mais je dois me ménager, je peux partir en vacances mais je reste au calme...
 
A la mi août je commence à être bien mieux physiquement, je décide même de faire une séance photos de ma grossesse, je pense que c'est à ce moment, à 7mois et demi de grossesse, que j'ai commencé à réaliser qu'un bébé allait entrer dans notre vie...
 
La dernière écho est passée et nous savons que notre surprise, comme l'échographe l'appelle, va à merveille.
 
Le terme de cette grossesse est le 11 Octobre, mais plus le mois de Septembre avance et plus je sais que ce bébé n'arrivera pas en Octobre mais en Septembre, le mois d'Octobre est celui de notre Petit Soldat et il ne peut pas en être autrement...
J'ai très peur d'accoucher à la maison, j'accouche très vite et je ne sens pas la douleur... Une amie très chère m'a fait un cours acceléré d'accouchement à domicile, et là je me suis sentie prête ! Le même soir, alors que nous n'avions toujours pas les prénoms, que ce soit une fille ou un garcon, mon Amoureux me demande si je trouve joli le prénom Rony pour un garcon... Pour tout vous dire, je n'aime pas vraiment, je rebondi donc en lui glissant un prénom que j'aime depuis très longtemps et que je lui avait proposé si Roman avait été une fille : Romy
Nous étions d'accord sur le prénom de la fille ce soir là... Pour le garcon cela restait encore un peu flou...
 
Le lendemain soir, les premières vraies contractions, les enfants réveillés en pleine nuit si heureux de voir enfin ce bébé tant attendu mais très angoissés pour moi, la route prise à toute vitesse, la prise en charge plus rapide que l'éclair à l'hopital et l'arrivée de la sage femme dans la salle, alors qu'elle avait normalement terminé sa garde, mais qui est restée car elle a vu mon nom sur le dossier et elle sait qui je suis... La même sage femme qui m'a recu le jour oú j'ai rompu la poche des eaux 2 ans plus tôt et celle là même qui est venu prendre des nouvelles de Roman peu de temps avant son décès...
Je sais que c'est elle qui va m'accoucher, je suis terriblement émue... Elle aussi... Elle nous explique qu'elle a rédigé un mémoire avec comme sujet notre petit Soldat, que notre famille ne l'a pas laissé indifférente depuis ces 2 années...
Il est 6h25, le 27 Septembre 2014, notre bébé pointe le bout de son nez très tranquillement et sereinement... Je l'attrappe sous les bras et je le regarde longuement, mon bébé... J'entends mon Amoureux me dire que ce bébé a une tête de petit bonhomme, je regarde sous son nombril et je lui dis que je pense plutôt que c'est une petite fille... Notre Romy était enfin là sur moi... Si jolie, si calme, si sereine...
Nous restons un long moment en peau à peau toutes les 2, puis vient la mise au sein, une première pour moi, car je n'ai pas pu allaiter au sein mes 2 grands garcons, et j'ai tiré mon lait pour Roman.
Trois jours avant la naissance de Romy, une amie a donné naissance à sa petite fille dans le même hopital, sans rien me demander, la sage femme m'a conduit directement dans sa chambre... Quelle émotion de découvrir chacune nos bébés miracles...
Nous ne sommes pas restées plus d'1 nuit à l'hopital, j'avais besoin de rentrer auprès de ma famille.
Liam m'a demandé dès notre retour si Romy connaissait l'histoire de Roman, je lui ai expliqué qu'elle ne l'a connaissait pas encore mais que cela ne tarderait pas c'est un peu un bout d'elle... Il s'est empressé de s'allonger tout près d'elle et de lui expliquer qu'elle a 3 grands frères et que l'un d'eux est parti rejoindre les étoiles...
Et c'est à ce moment précis que j'ai compris que tout irait bien pour elle, l'enfant d'après, tant attendue, tant aimée et désirée... Notre Petite Fleur...
 
                                                                                               Votre Maman qui vous aime"
 
 
Pour ne rien oublier #2 ...

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Maude 15/09/2016 12:02

Bonjour,

Je ne sais pas trop par où commencer...

Tout d'abord par mes larmes qui coulent avec vous, avec votre petit soldat, avec votre histoire et ce récit boulversant, touchant et si vrai!

Je crois que je vous ai découverte sur IG à travers sans doute un commentaire à propos du deuil périnatal, mon regard s'est accroché...ou devrais-je dire "raccroché" comme on s'accrocherait à une bouée pour éviter de couler!
En ce moment, c'est un peu cela, je m'accroche à tout ce que je peux pour essayer de ne pas flancher, pour garder la tête hors de l'eau, pour retrouver mon souffle de vie et un peu de légèreté.

Du chemin, j'en ai fais...mais là j'ai fais un bond en arrière que je ne m'explique pas. Je ne m'explique pas d'ailleurs non plus ce témoignage, vers vous, mais je penses qu'au fond de moi j'ai besoin de vous l'écrire à vous!

En avril 2012 je connaissais le plus beau bonheur de ma vie. Ma fille voyait le jour après une grossesse de rêve, insouciante, légère, sans crainte, sans aucune crainte! Je jogguais, je voyageais, je riais, je préparais, je savourais...

En janvier 2014 je suis enceinte, chouette, un deuxième bébé! Très vite j'en informe ma puce, qui me dis "bébé" en regardant mon ventre et en ne comprenant pas exactement ce qu'il se passe. J'étais encore légère de lui annoncer cela à peine le test positif! Très rapidement, avant même mon premier rendez-vous le drame, la peur, le sang! Je me souviens très bien, c'était un mercredi, le soir d'avant je l'avais fièrement annoncé à la marraine de ma fille qui elle-même venait de m'apprendre sa grossesse. C'était mon jour de congé avec ma mini! Je vais aux wc, je découvre du sang, je comprend et je panique complètement! Je me couche, je sers les jambes comme si cela allait changer les choses. Je pensais naïvement qu'en restant couché j'allais pouvoir sauvegarder cette grossesse. Je rappelle mon gynécologue de l'époque qui annule mon rendez-vous et qui me dis de regarder comment cela va et d'aller le voir un mois lus tard pour contrôler que tout soit "sorti". Bim, tiens prend ça! Il s'agit sans doute du jour ou j'ai perdu ma légèreté.
Je prend sur moi, j'entends partout que les fausses couches sont monnaies courantes, je relativise en me disant que c'est comme un retard de règle finalement, que si je n'avais pas fait de test je n'en aurais jamais rien su.
Juillet 2014 je suis enceinte! On reste calme et on ne s'emballe pas. Mon gynécologue me donne rendez-vous un peu plus tôt histoire de me rassurer. Mon taux de BHCG est un peu bas, mais je suis "trop tôt". Il me revoir 48h plus tard pour refaire une prise de sang. Il me téléphone quelques jours plus tard, un jour avant que nous ne partions en vacances pour me dire que le taux a bien augmenté et que l'on se verra à mon retour des 15 jours de vacances au soleil. Nous partons avec des amis.
Nous rions à l'idée qu'il sera compliqué de cacher cette grossesse, nous trouvons des submerfuges, nous nous réjouissons et nous avons hâte de nous reposer. Nous faisons route le jeudi. Le vendredi, nous partons au village, je vais aux wc et je revis mon cauchemar de janvier. Je perd un tout petit peu de sang brun. Je stress, je retrouve mon amoureux, mon coeur bat fort, trop fort, je panique mais je dois le cacher puisque personne n'est au courant. Nous rentrons dans notre petite maison de vacances et comme en janvier, je me couche, je pleurs et je me dis qu'ainsi je sauvegarderai cette grossesse. J'écris à un ami gynécologue, il me donne les signes d'urgence à ne pas rater et tente de me rassurer en me disant que parfois on peut saigner sans que cela soit forcément sans issue.
Les jours passent et le sang continue toujours un peu de couler, mais pas des grosses quantités.
Nous finissons par informer maladroitement nos amis. enfin, mon amoureux s'en charge en minimisant les faits! Le jour de leur départ, je me lève, vais me doucher et à la fin de ma douche je ressens une affreuse douleur, je crie, j'appelle mon amoureux, j'ai peur, j'ai mal, je suis pliée en deux. Il descend leur dire au revoir car ils s'en vont. Je ressens l'envie d'aller aux wc, et là, je perd l'équivalent d'une bonne balle de golf! J'ai compris. La douleur physique s'en va!
J'arrive à descendre, les yeux remplis de larmes. Mes amis me disent qu'ils espèrent que cela va aller. Je leur dit que c'est sûr que c'est terminé. Ils minimisent...pour mon bien sans doute. (j'apprendrai quelques semaine plus tard qu'ils attendent un bébé).
Je passe des très mauvaises vacances et je constate en tapant ces lignes que ma fille n'apparaît nulle part...c'est un peu mon sentiment d'aujourd'hui, je ne vis pas l'instant présent, et je l'oublie, j'oublie de la voir si heureuse, si gaie, si belle si agréable, si précieuse!
Quelle poisse me direz-vous!

J'avance, j'en parle un peu, je lis quelques témoignages, je relativise!

Le 18 décembre 2014, deux jours après la date présumée de mes règles je fais un test, il est positif!!!! J'ai peur, mon conjoint a peur, on ne saute pas de joie, on ne se projette pas, on se protège. Les jours passe et on dirait bien que cette crevette s'accroche! Youpie, serait-ce la bonne? La roue tourne on dit n'est-ce pas.
Les semaines passent, chaque contrôle est de bonne augure, nous voyons notre crevette, fin février on l'annonce avec joie autour de nous, les 12 semaines sont derrières.
Cette petite crevette m'habite, je connais les nausées, des douleurs toujours avec un fond d'inquiétude. mon ventre se fait tout discret, mon amoureux ne lui parle pas, ne pose quasiment jamais sa main dessus. Et moi, chaque soir je lui parle, chaque soir je demande à dieu (je ne suis pourtant pas du tout pratiquante!) de le faire naître à terme et en bonne santé! Pourquoi? Jamais de tels propos me seraient venus à l'idée pour ma première grossesse!
Je ne sens pas mon bébé bouger, je n'ai pas de ventre. Une amie sage-femme me dit que je ne peux pas avoir de ventre puisque mon bébé est "dans ma tête"! Oui, sans doute, je tente de me raisonner, de me détendre et de faire que cette grossesse devienne sereine.
Au mois d'avril 2015, mois des 3 ans de notre puce d'amour, nous avons rendez-vous avec notre crevette pour l'échographie morphologique. nous avons rendez-vous 5 jours après les 3 ans de notre fille. Le 17 avril 2015.
Le 12 nous avons fait une merveilleuse fête, un dimanche magique, nous sommes avec elle, avec notre crevette qui va bien, entourés des 4 grands-parents. Chacun y va bon train de son petit pronostic, fille? garçon? Personne ne le sait, même pas nous!
Le 17, nous arrivons dans ce centre spécialisé. Salle d'attente froide, nous sommes nerveux. Rien que de l'écrire mon coeur s’accélère. A 5 minutes de notre rendez-vous nous nous décidons à demander le sexe. Tout notre entourage est au courant de notre rendez-vous. Notre puce est chez nous avec mes parents. Nous rions du papa de mon amoureux qui s'oppose à connaître le sexe.
L'échographe arrive. Elle m'installe, il fait nuit et nous savons que cette échographie magique va être enregistrée sur un dvd et que nous pourrons à un moment donné voir notre crevette en 3d!
L'examen commence. L'échographe me demande si je sens bouger mon bébé. Je lui répond qu'il se fait très discret. Elle nous demande si nous désirons connaître le sexe. Nous répondons oui, elle oriente sa sonde et nous fait une remarque que vu ce qu'il y a entre les jambes il n'y a aucun doute, c'est un petit bonhomme! Nous sommes émus, je pleurs...de joie...Elle commente chaque endroit oû elle passe. "je vois ses yeux, sa rétine, son petit crâne, ses os, sa nuque puis elle descend sur son petit coeur" et là, nous voyons du bleu, du rouge, elle insiste, ne dit plus rien, finit par nous dire qu'elle ne dit plus rien car elle doit se concentrer. Mon coeur s’accélère, nous nous tenons fort la main avec mon conjoint. Nous ne nous disons plus rien. Après des longues minutes, elle ne poursuit pas sa route de l'examen vers les autres organes, elle me rassied, elle allume sa lumière agressive, m'essuie le ventre, et me dit "je n'ai pas une très bonne nouvelle pour vous". J'éclate en sanglots très fort, comme j'ai rarement pleuré dans ma vie. Un peu comme dans un film...j'ai presque l'impression "d'en faire trop"!!!!! Elle là, j'entends des mots qui raisonnent, coeur, malformation, opération, sans garantie, greffe, nouveau rendez-vous, cardio-pédiatre, demain, vite, pas continuer, aurevoir, à demain!
Nous sortons de là, à peine derrière la porte de l'examen, encore dans le cabinet, devant la salle d'attente, seul comme deux cons abasourdis, nous nous serrons dans les bras, nous pleurons, je pense que je vais me réveiller de cet affreux cauchemar...
40 minutes nous attendent pour retrouver notre puce.
Comment réagir devant elle?
Nous reprenons la voiture, je ne peux pas parler, mon conjoint s'arrêtera pour appeler ses parents, en vacances dans le sud de la France. Pour la première fois de ma vie je l'entend pleurer à ne plus pouvoir articuler. De l'écrire me ramène mes larmes! Lui d'habitude si fort, si pragmatique, terre à terre. Je comprend par sa réaction et ses connaissances que c'est foutu d'avance!
En arrivant à la maison, notre trésor nous accueille comme elle en a le secret, en criant de joie. Dès que nous l'avons dans nos bras, nous nous effondrons au sol, en pleurant toutes les larmes de notre corps. Pas besoin de parler, ma maman comprend, sans mesurer l'ampleur des dégâts. Mon père se met immédiatement à pleurer en me disant "mais qu'est-ce que tu fous"!
Nous expliquons abruptement à Elsa que le bébé a un petit coeur tout malade, et que pour vivre le petit coeur doit être en pleine forme, comme le sien, comme le notre. aujourd'hui encore j'ai si peu que le sien soit malade et que personne n'ait rien vu!
Le soir, nous allons trouver du réconfort chez le parrain de notre puce. Il est pédiatre, dans l'hôpital où je dois retourner le lendemain. Il n'a pas le dossier sous les yeux mais il prend contact avec le cario-pédiatre du lendemain. Il essaye de nous rassurrer, comme il peut.
Nous rentrons dormir...enfin...essayer...et notre fils n'aura jamais autant bougé que depuis ce moment là. Chacun de ces mouvement me transperce les tripes, chacun de ses mouvements me fait pleurer, chacun de ses mouvements me donne de l'espoir, chacun des mouvements me fait peur, me fait hurler.
Le lendemain matin, c'est vendredi, nous arrivons à l'hôpital. La cellule de crise est là, la gynécologue du jour précédent, le carido-pédiatre et une infirmière et un infirmier...des fois que je péterais les plombs!
Après des longues minutes d'échographie sans bruit, après des longues minutes d'entretiens de termes techniques , première opération sans garantie de succès à 3 semaines un mois, une deuxième vers 6 mois, puis vers 1 ou 3 ans pour finir avec le couperet: Greffe obligatoire dès la fin de l'enfance, sans garantie aucune...si les opérations précédentes auront fonctionnées. Je me souviens que ma phrase a été: la coupe est pleine. Les larmes n'ont eu de cesse de couler!
Vendredi midi, on nous lâche de l'hôpital avec pour objectif du weekend de "réfléchir" à ce que l'on souhaite! MAIS BORDEL: ON SOUHAITE UN BEBE EN SANTE VOILA CE QU'ON SOUHAITE!
Aurevoir et bon weekend!
Rebelote, 40 minutes de routes, des larmes, des cris, des phrases étoufées...on ne veut pas offrir cette vie là à notre fils...et maintenant, on fait quoi? On nous a bien parlé d'un accouchement provoqué!
C'était pourtant un joli weekend d'avril, il faisait doux, les balades étaient propices. Pour notre petite locomotive de fille on est sorti, on a même fait de la peinture.
Ce vendredi soir nous sommes retournés chez le parrain de notre fille. Il avait eu une longue conversation avec son collègue cardio-pédiatre. Nous lui avons demandé d'être sincère, et de quelle décision il prendrait si il s'agissait de son bébé! son verdict était clair, notre petit bonhomme ne serait pas viable!
Samedi, nous avons laissé notre puce avec sa marraine pour nous permettre de pleurer comme bon nous semblait.
Je ne mangeais plus! Je ne dormais plus et toujours ces doux mouvements dans mon ventre! Mais que veut-il me dire? Pourquoi avant il était si discret et depuis il gigote. Arrête par moment je voulais lui dire!
Dimanche à la première heure ma sage femme de l'époque est venue à mon secours. J'avais besoin de savoir comment allait se passer mon accouchement. nous avons pleuré ensemble.
J'avais le choix d'accoucher dans ma ville, là où j'avais donné naissance 3 ans auparavant à ma fille, ou dans l'hôpital universitaire ou tous les examens avaient été faits! Cet hôpital étant celui de mon ami gynécologue je lui ai aussitôt demandé conseil.
Il a été malheureusement très clair pour me dire qu'ils étaient plus habilités à pratiquer cela que celui de ma ville.
Il m'a alors tout organisé rapidement, je ne voulais pas traîner, je ne voulais plus de ce ventre, de ces seins, de ces mouvements qui me déchiraient et me fracassaient chaque jour un peu plus!
Lundi après-midi j'avais rendez-vous avec une sage-femme en or et le gynécologue qui m'accoucherait. J'aurais pu demander à mon ami de le faire, mais j'ai préféré gardé de lui le côté ami plutôt que l'aspect médical affreux de cette situation. Même si il m'a été d'une grande aide et d'une grande bienveillance, je lui suis très reconnaissante de son aide mais c'était mieux que ce soit son collègue qui s'en occupe. La sage-femme m'a expliqué le déroulement des choses. Le gynécologue m'a donné une pastille à avaler sous ses yeux, celle qui signait l'arrêt de l'hormone de grossesse!
Avaler cette pastille m'a détruite!
Le rendez-vous de la provocation était fixé au lendemain soir.
De retour chez nous nous avons pris ce que nous pouvions de bonnes énergies de notre puce. Nos proches nous ont proposé de nous la garder mais pour nous il était exclu de ne pas l'avoir près de nous. Pour moi elle était un peu mon garde-fou, celle qui m'empêcherait de sombrer trop loin!
Le lendemain soir nous avons été installé dans une salle d'accouchement, mon amoureux dans un lit et moi dans un lit, côte à côte, mais dans la main et à se serrer un peu plus fort la main à chacun des mouvements de notre fils...nous savions que c'était les derniers.
Dans l'urgence nous sommes allés lui acheter un doudou, nous en avons pris deux, un pour lui, un pour nous. Je suis si déçue aujourd'hui que ce doudou ne me plaise pas comme j'aurais voulu qu'il me plaise. Déçue de ne pas avoir eu le temps.
Notre puce lui a offert un cadeau, des dessins et des petites fées en peluches qui lui avaient été offert à sa naissance.
Une fois les produits introduits en moi et la grosse péridurale posée afin que j'ai le moins de douleurs possible la nuit est tombée. Grâce à un calmant j'ai réussi à m'assoupir. A 8h le mercredi 22 avril 2015 le médecin m'a introduit le premier ovule de provocation. Il fallait à présent attendre! attendre dans les larmes, attendre dans l'émotion et attendre avec des enchaînements de visites impromptues de professionnels en tout genre, les généticiennes, entre deux contractions, qui nous demande si bous voulons telles ou telles analyses, l'aumônier qui nous demande si nous voulons une cérémonie, une tombe, où etc etc...
Pensez-bien qu'en de telle circonstance je n'avais plus aucune capacité de discernement et mon amoureux non plus! MA déception est d'avoir répondu que nous ne voulions pas de cérémonie, à ce moment là je voulais juste ne finir de ces douleurs physiques et morales, comme si "après" l'accouchement cela allait aller mieux, forcément!!!! Notre fils est dans un tombeau commun, appelé le jardin des souvenirs, à 40 minutes de chez nous! Votre psychologue manque clairement de discernement et votre petit soldat mérite que vous puissiez en tout temps veiller sur lui! si vous la croisez parlez-lui de moi et de mon désespoir de savoir mon petit dans un jardin des souvenirs! Un vulgaire caveau commun! Bref!
Soudain les contractions se sont rapprochées, j'avais envie de pousser mais ni la sage-femme ni le gynécologue n'était présent. Mon amoureux est sorti chercher notre ami. Il est aussitôt arrivé, a regardé et m'a dit que je pouvais me clamer, que notre bébé arrivait, que tout irait bien. son collègue à pris le relais.
Notre petit bonhomme est sorti dans sa bulle, encore dans sa poche des eaux intacte! Comme pour nous dire que c'était pas le moment pour lui! Notre fils est né le mercredi 22 avril 2015, 3 ans et 10 jours plus tard que sa grande soeur, à 11h30.
Il est né sans un bruit, sans un cri, juste le bruit des pleurs de ses parents, mêlés de sensations étranges, étranges de tenir ce petit bout dans nos bras, son petit corps parfait, ses petits cheveux, ses petits mains, sentir son petit souffle sur moi, sur nous. Etrange de savoir que je venais de lui donner la vie pour lui donner la mort. Les médecins m'ont assurés qu'il ne souffrirait pas. Qu'est-ce que j'en sais! Qu'est-ce qu'ils en savent!
Nous l'avons tenus des longues minutes dans nos bras, nous l'avons dieu merci photographié, la sage-femme aussi. elle l'avait emballé dans son petit lange que nous lui avions offert.
Nous l'avons prénommé NAOS, en signe d'une des étoiles les plus lumineuse de la voie lactée! Depuis, je regarde les étoiles d'un autre oeil!
Je vous passerai les (trop) nombreux détails de la suite, entre le retour à la maison, l'arrêt maladie, les suivis avec ma psychologue, le curetage une dizaine de jour plus tard car un morceau de placenta était resté...tiens tiens...étrange...La reprise d'une vie normale...du moins essayer de faire que...les montagnes russes d'émotions, le décalage entre ce que je vis et ce que mon amoureux vit, la spontanéité et la fraîcheur de notre puce, le chagrin, la colère, la haine, la douleur à chaque grossesse annoncée, la reprise de mon travail...directrice de crèche, ou je côtoie quotidiennement des bébés et de femmes enceintes...qui peuvent même me l'annoncer avant même la 12ème semaines..elles...
Cette colère récurente, ce chagrin, ces hauts, ces bas, toujours ce décalage homme femme, cette recherche de moi, tout au fond de moi, qui suis-je pour avoir pris cette décision...cette attente de bébé VIVANT, cette attente de famille a 2 enfants, cette attente cette attente cette attente sans savoir de quoi demain sera fait...et cette 3ème fausse couche en mai, cet énième test de grossesse positif qui nous avait pourtant redonnée espoir.
Votre récit me met tantôt en joie, de voir qu'il y a une vie "après" sans pour autant oublier, et c'est de cela que j'ai peur...sans tombe, sans cérémonie, un bébé pas à terme (22ème semaine, presque 600gr) mon entourage tait cette naissance, trop peu de gens le mentionne comme faisant partie de notre famille...même moi...encore hier, une illustre inconnue dans mon nouveau quartier en me montrant ma fille me dit"vous n'avez qu'elle"! J'ai répondu oui en baissant les yeux! J'aurais du lui dire non il n'y a pas qu'elle...pourtant je ne l'ai pas fait!
Dieu que ce chemin pour aller bien est long,
Dieu que cette naissance est le pire événement traumatisant de ma vie,
Je n'ai plus confiance en rien,
Je ne souris plus comme avant, même si en façade je souris...alors tous le monde pense que je vais...
Je ne suis plus légère, je suis une tracassée et cabossée de la vie,
Je suis souvent triste et au fond de moi je penses que ce deuxième enfant vivant me ferait, nous ferait du bien, me guérirais peut-être? On se guérit?
Du fond de mon coeur je vous remercie de vos nombreux récits...Parler du deuil périnatal c'est précieux, pour nos étoiles et nos petits soldats!
Je vous embrasse et vous souhaite beaucoup d'énergie pour les jours à venir.
Maude, la maman d'Elsa et de Naos
(je ne me suis pas relue, je vous envoie cela comme ça, de façon un peu brutale, sans préparation aucune, gage de ma sincérité et de ma spontanéité et de ma souffrance actuelle!)
Merci enfin de m'avoir donné l'occasion de me libérer...de me souvenir...de le coucher sur papier, d'accuser réception que je ne vais pas si bien que je ne veux me l'admettre!

(je suis "funkyparent qui vous suit sur IG...je vais songer à changer mon pseudo d'ailleurs car je ne me considère pas très funky...j'essaye!)

Elisa 14/09/2016 09:23

Comme j'aime ce texte et cette photo. elle dit tant de choses, cette photo. Je suis bien heureuse pour vous qu'il y ait eu ce bébé ensuite, cette si jolie petite fille. Je pense bien fort à votre Roman.

Anouchka 14/09/2016 10:46

Merci ma douce <3

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